La génération Internet : n’est-elle pas en train de reformater leur cerveau ?

L’usage quotidien d’Internet est en train de modifier le comportement de la Net génération. Habituée depuis leur plus jeune âge à cliquer, surfer et tchatter, elle s’est dotée aujourd’hui de nouvelles compétences. Si l’ancienne génération s’est habituée à la lecture, ne mobilisant ainsi que six zones du cerveau pour décoder les mots, les internautes traitent par contre une multitude d’informations dans le leur avec une rapidité incroyable (couleur du texte et celle du fond, vitesse de défilement de l’écran, une image animée ou fixe par-ci, un son par-là …). Son œil saute d’un coin de l’écran à un autre, et passe d’un bout de phrase à une image qui donne un sens au texte. Une simple lecture d’un texte sur papier ne nécessite pas autant d’énergie et d’adresse, ce qui n’est pas du tout le cas pour la nouvelle génération qui mobilise au moins une vingtaine de zones dans leur cerveau. Pour preuve, les adeptes de jeux vidéo disposent de réflexes bien plus supérieurs que la normale. Et les tribulations incessantes sur la Toile stimulent encore mieux leur cerveau et aiguisent leurs réflexes, leur offrant ainsi une meilleure vision dans l’espace et une détection rapide des objets qui passent dans leur champ de vision.

L’usage des nouvelles technologies semble déprogrammer ce que notre cerveau avait acquis avec la lecture. Mieux encore, il ramène l’être humain à ses tendances naturelles de cerveau de mammifère : un cerveau toujours en alerte et prêt à réagir à la moindre menace. Les neurologues ont déjà qualifié ce mécanisme primitif par un nom : le « bottom-up » (du bas vers le haut). Cependant, la génération du livre traite les informations de gauche à droite, et de haut en bas. Conséquence fâcheuse : la lecture n’a développé qu’une seule habilité orientée vers une tâche unique, modifiant alors leur manière de réfléchir. Or, à force de discuter sur Facebook tout en consultant leur boîte mail et les alertes des blogs, la Net génération aurait inversé le mécanisme de traitement des informations en se focalisant sur des signaux de diverses natures (lettres, icônes, son, image, …) et se laisse distraire par tout et n’importe quoi. La génération Internet aurait également inventé l’esprit de collaboration : elle joue ensemble en ligne, tchatte quotidiennement avec plusieurs personnes, reste en permanence en contact avec ses potes. Internet est aujourd’hui comme une immense cour de récré.

 

Ecrit par Tah_in

En tant qu'expert Microsoft certifié je partage ma passion pour les nouvelles technologies sur ce blog.

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Commentaires

10 Commentaires on "La génération Internet : n’est-elle pas en train de reformater leur cerveau ?"

  1. du Plessix Arnauld dit :

    bonjour,
    Je partage cette petite analyse sur les nouveaux comportements en lien avec le cross média. J’utilise ce terme que nous utilisons en marketing et qui convient à ces sauts de puces bien définis dans votre texte. Je forme sur les gestes mentaux, la mémoire…et je croise une population très diverse…Mon témoignage consiste simplement à relever qu’il n’y a que certains profils qui s’intéressent à manipuler internet dans le sens indiqué. Oui, il y a de ces profils qui zappent un peu partout avec une agilité et une vue des objets « sans attaches ». Ils les composent et recomposent à leur manière.Mais, ils sont loin d’être une majorité pour pouvoir dire que la jeunesse est totalement ainsi.Par contre, oui celles et ceux qui s’y adonnent font « vibrer »plus de zones du cerveau…mais pas plus « profondément ». Nous pourrions dire qu’ils sont davantages sur des profils à capacité »outils ». Ils ont un système de pensée « analogique » nouveau. Disons tout simplement que ces profils qui se manifestent dans « le présent » trouve ici des « outils »qui leur vont à merveille. Ils entraînent certains autres profils qui les uns trouvent leur bonheur dans l’approche de la proximité humaine et pour d’autres un bonheur dans l’approche de la connaissance. Oui, ils naissent quasiment avec leur doigt comme « pencil ». Le revers de la médaille est souvent une approche de la vie « immédiate » dont vous relevez parfaitement aussi un sens « primitif ». La mémoire est orientée sur le « est-ce utile » ? Il y a à l’analyse opérationnelle une perte d’une certaine mémoire « traditionnelle » qui voudrait un stockage sur les choses anciennes, du passée. La mémoire courte est plus forte et plus portée aux liens sur « l’instant » et bien sûr plus créative et plus portée aux innovations. Alors que la mémoire longue est faite pour « garder » et positionner l’homme sur des liens à la « verticale » et dans la mesure d’une approche de « durabilité » de la vie, de sa vie. Ainsi, oui, il y a là une perte de mémoire. Les moyens de l’intelligence ne sont pas utilisés pour les mêmes objectifs tout simplement!

  2. Je trouve cet article excellent et le sujet très intéressant car il traite un phénomène qui ne cesse de se répandre partout dans le monde qu’est la nouvelle génération internet. Sinon, personnellement je pense que les cerveaux de cette génération sont bel et bien formatés grâce à l’usage excessif de la nouvelle technologie et elle déprogramme ainsi nos cerveaux.

    • Tah_in dit :

      Merci, en effet notre cerveau reste un instrument de connaissance unique

    • du Plessix Arnauld dit :

      Juste une précision sur le mot « déprogrammer »…en pensant à notre sujet évidemment.
      Je dirai qu’il y a plus un changement de programme…tout simplement l’homme s’adapte. Mais il s’agit bien de la « nature » physiologique et neurologique » avec des conséquences psychologiques. Ainsi, l’homme réajustera sa démarche par ses échecs…mais cela demandera de « l’effort » sur la « reprise » où le corps demande un minimum de respect sur ses « fondamentaux ». Il y a une « élasticité » du comportement. D’où, pour notre sujet, si nous parlons d’un fort degré de présence devant un écran, une tendance à « l’isolement ». Derrière tout cela se profile l’irritabilité, et la perte de sociabilité…et de la communication simple et naturelle…humaine. La bonne dose n’est pas toujours facile à trouver…surtout lors de l’adolescence. L’exces apporte des dégâts souvent dans les relations de travail, amicales ou familiales. J’ai des exemples de personnes assez jeunes qui passent 8hrs facilement devant des écrans de jeux ou autres activités réseaux etc…L’addict devient une maladie…tout est dans la mesure. L’intelligence est sur des circuits neuronaux bi voir trimoniaux avec des capacités de créer comme d’ignorer ses chemins de perception. Car en effet, comme le dit ludgi pirandello « chacun « projette un univers dans lequel il s’enferme »…et il rajoute « et les autres avec lui ». Donc, on voit après tout le côté du « mimétisme ambiant »…etc,…Ainsi, pour être précis, l’homme est remis en place par sa propre nature s’il exagère. Il n’a pas à proprement parlé une déprogrammation. Elle semble l’être surtout pour celles et ceux qui vivent avec directement puisque trés souvent ils ne savent plus quoi faire…mais non, tout le système est là, caché…inhibé, frustré. Vous parliez de la valeur relative…mais la valeur absolue sur le sujet permet surtout de faire reconnaître une autre facette…remplie de solution! Cdlt

  3. du Plessix Arnauld dit :

    Bonjour, oui le sujet est infinitessimalement. ?…orienté à planter son piquet qui permet de suivre et monter une tente dont nous n’avons pas encore l’idée de la forme. Donc c’est bien tous ensemble que nous analysons ce processus…où chemine-t-il? L’intelligence est comme un mécanisme de visualisation et d’accomodation.IL tire partie du temps présent, de l’expérience et de ses éléments intuitifs et combinatoires. Facilitez la vie chacun et vous trouverez toujours preneurs. L’homme est-il fainéant par nature, le devient-il ou s’aveugle-t-il sur des composantes nouvelles qui lui fait perdre facilement ce qu’il acquiert ou a acquis avec effort? « Je prends parce que c’est facile et utile…je gagne du temps…je vais pouvoir me consacrer à autre chose etc… ». A ce rythme, on en oublie la beauté de  » son pas ». Nos « unités d’oeuvres » s’éloignent de ce que nous sommes réellement. Ah nous voilà à caresser l’espace virtuel! Pour en rendre témoignage, je vais me référer à ce que je peux constater de par mon métier et vous en prendrez j’espère bénéfice. La géolocalisation est depuis google map et la vente des GPS partout! D’ailleurs, ce n’est pas pour rien qu’elle en est devenue le cheval de bataille de google dans sa stratégie google+. A trop nous y frotter, nous constatons de plus en plus une perte de l’orientation de l’individu. Eh oui, le corps a ses capteurs…ils ne fonctionnent plus selon certaines « mesures », « évocation et mémorisation »…Votre appareil ne fonctionne pas ou vous roulez de nuit…panique à bord! Pour certains accrocs et certains types de profil, cela va même à la panique! Eh oui, le corps a besoin de vivre du concret et du réel. Le ressenti du corps sur des phénomènes de l’espace…et du temps (ce sujet est aussi à mettre en convergence tant les dégradations sont fortes) est vital pour l’équilibre physiologique et psychologique de l’humain. Pour s’en convaincre, un peu comme dans le film « un indien dans la ville », nous voyons ne pas se perdre des personnes totalement plongés et proches des liens naturels. La hauteur, la profondeur…l’infini…doivent être vécus! Le corps mémorise mieux quand il a de l’espace etc…au moins un espace réel et accepté en tant que tel! La finalité de ce petit raccourci sur cet exemple est simplement de prendre garde à nous délier rapidement de certains comportements. Autre exemple, le calcul mental! Cordialement.

  4. Bonjour,
    Voici une analyse qui me laisse un peu perplexe car je me demande de qui sera fait le monde demain. Le seul reproche que puisse sur l’utilisation des jeux vidéo et Internet, c’est que ces derniers ont tendance à éloigner les gens de leurs vraies amis lorsque celui devient chronophage. Cela dit, ils permettent, d’améliorer ces habitudes parfois bonnes parfois mauvaise. je serais curieux de voir un bilan du même acabit dans une décennie.

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